Walt Wonders from Whence Comes Inspiration
 


Joseph Barthet, “Conférences,” Le Spiritualiste de la Nouvelle-Orléans, October 1858: 257-261.


Nous parlions tout à l’heure de savants stationnaires; montrons à présent ce que d’autres font pour accroître leurs connaissances.  Voici comment les choses se passent au Lycée Spiritualiste de New York, où des hommes progressistes se réunissent toutes les semaines pour conférer de ce qu’ils ont vu:

A l’une de ces séances, le docteur Orton ayant appelé l’assemblée à l’ordre, a demandé que quelqu’un proposât un sujet de discussion.  Il a été décidé que l’on continuerait à s’occuper de celui dont il était question à la dernière séance; savoir: “Qu’elles bonnes preuves avons-nous que les Esprits communiquent avec les mortels?”  Le docteur a dit: J’ai été assez heureux, il y a quelques jours, pour voir des peintures extraordinaires que l’on dit avoir été produites par l’agence des Esprits.  Il y en avait quelques centaines, formant autant de variétés de plantes, de fleurs et de fruits.  On ne saurait faire trop d’éloges de la parfaite imitation des objets, ni du fini de l’exécution.  J’ai examiné ces peintures avec un microscope, et j’y ai reconnu une délicatesse de travail qui, dans mon opinion, n’a jamais été dépassée ni même égalée par l’art humain.  Le médium par l’entremise duquel ces travaux ont été accomplis, est une dame qui a passé le méridien de la vie, et qui n’a jamais pris de leçons de peinture.  Les courts intervalles dans lesquels ces choses ont été exécutées, variant de dix à quarante minutes pour chaque tableau, avec cette perfection extraordinaire du fini, sont pour moi une bonne preuve du contrôle des Esprits.

Mr. Whitman a dit: Il y a quelque temps, je me trouvais en compagnie de plusieurs personnes, lorsqu’un Esprit, ami d’une dame qui était présente, et qui, à ce que l’on croit, a péri en mer, se manifesta en remuant une lourde table de chêne, à rallonges, de manière à imiter les mouvements et les craquements d’un navire pendant la tempête.  La table fut ensuite poussée à côté, la rallonge du centre fut soulevée à l’un de ses bouts, puis retirée par une puissance occulte, et le vide se ferma.  Une telle manifestation est certainment une bonne preuve d’une intelligence et d’un pouvoir étrangers à l’homme terrestre.

Mr. Partridge a dit: J’aime que tous les fait que l’on tient pour spiritualistes soient soumis à une sévère critique, non pour le plaisir de disputer, mais afin qu’exposés aux feux, de l’investigation, ils en deviennent plus convaincants, s’il est possible.  Chaque manifestation devrait être passée au crible.  Un phénomène qui ne peut être produit par l’homme terrestre, n’est pas, pour cette seule raison, une bonne preuve de l’existence d’Esprits humains désincarnés.  Avant d’attribuer la production des peintures dont il a été parlé tout à l’heure, à des Esprits qui, dans ce cas, travailleraient plus vite et mieux par l’organisme d’un médium, qu’ils n’auraient pu le faire avec leur propre organisme, lorsqu’ils vivaient sur la terre, il doit nous être démontré qu’un Esprit fait assez de progrès dans l’autre monde pour justifier un tel accroissement de pouvoirs.  Jusqu’à ce que ce progrès nous soit prouvé, nous n’avons pas le droit de l’invoquer dans nos arguments.

Le docteur Gauld a parlé d’une manifestation intérieure qu’il a observée.  Il y a trois ou quatre ans, a-t-il dit, j’assistai à des séances d’un médium-orateur; l’originalité de son style, sa logique serrée, ses descriptions précises et quelquefois empreintes de gaité, me convainquirent qu’un Esprit doué de pouvoirs plus qu’ordinaires s’était emparé du timon.  Je demandai le nom de l’Esprit, mais celui-ci refusa de le donner; le médium n’en avait aucune idée.  Tout récemment j’ai revu ce médium n’en avait aucune idée.  Tout récemment j’ai revu ce médium, qui ne croit plus être influencé par les Esprits; je l’ai entendu parler dans son état normal, et, par les idées émises, aussi bien que par la manière de traiter le sujet, il m’a semblé que l’Esprit qui le contrôlait lorsqu’il etait évidemment médium, se manifestait encore dans son langage.  J’ai demandé mentalement si un Esprit étranger contrôlait l’orateur.  J’ai reçu, par impression, une réponse affirmative.  Je me suis informé alors de l’individu même s’il sentait l’influence d’un Esprit.  Il m’a répondu très-décidément qu’il ne s’en apercevait point, mais qu’il était bien certain de n’avoir exprimé que ses propres idées, et à sa manière.  Alors j’ai demandé à l’Esprit s’il voulait venir me trouver, le soir, lorsque je rentrerais chez moi.  Il m’a promis de le faire.  Quelques heures plus tard, je suis revenu chez moi, et ces choses était hors de ma pensée, lorsque, entrant dans ma chambre, j’y ai trouvé un Esprit qui m’a dit être celui auquel j’avais donné rendez-vous.  Le dialogue suivant s’est établir entre nous, les réponses de l’Esprit me venant toujours par impression: “Par le style et la qualité de votre discours, j’ai pensé que vous viviez sur terre, il y a quelques années, dans ce que j’appellerai les temp simples. —Oui. —Prites-vous quelque part à la guerre de la révolution?  —Oui.  —Etiez-vous officier?  —Non.  —Soldat?  —Non.  —Habitiez-vous au Sud de la ligne de Mason et Dixon?  —Non.  —Demeuriez-vous dans les Etats du Nord?  —Non.  —Où restiez-vous donc, et quel était votre nom?  —J’habitais le Vermont, et je m’appelais Ethan Allen.”  En consultant l’histoire d’Ethan Allen, je trouve que ces réponses, apparemment contradictoires, s’accordent avec les faits: il était à la guerre, et cependant il n’était ni officier ni soldat; c’était un original, qui s’était fait ce qu’il était, et la guerre qu’il fit, il la fit à ses frais et sous son propre généralat.  Maintenant, je crois qu’il y a là une preuve de l’existence et de l’identité de l’Esprit.

Le docteur Gray a dit: L’histoire du mesmérisme est pleine de faits démontrant clairement qu’il y a certaines conditions dans lesquelles l’homme peut faire des choses bien au-dessus de ce qu’il fait à l’état de coma jusqu’a l’état d’éveil.  Zschokka, l’auteur suisse, dit que quelquefois il voyait distinctement l’état de personnes avec lesquelles il était en rapport; sans aucun aide extérieur quelconque, il pouvait connaître le passé d’un homme qui lui était tout-à-fait étranger, et lui tracer des scènes et des évènements qui avaient eu lieu depuis des années.  Un soir, se trouvant avec quelques étrangers, dans une auberge suisee, la conversation tomba sur les mesmérisme, la physiognomonie, etc.  L’un d’entr’eux était surtout prodigue d’épithètes moqueuses et grossières qu’il adressait à Mesmer, à Lavater et à d’autres philosophes.  Zschokka le regarda et vit à l’instant toute la vie de ce pseudo-critique.  Il se mit alors à dérouler à la compagnie les tours d’écolier du jeune homme, ses actions dans la jeunesse, jusqu’à l’âge viril, et termina en décrivant un vol, donnant des particularités sur l’ameublement et les dimensions de la chambre, la place où était la cassette, et les moyens à l’aide desquels elle avait été ouverte; et cela, avec tant d’exactitude, que le coupable en fut confondu, et qu’il fit l’aveu de sa faute.  Une telle manifestation, si elle avait lieu aujourd’hui, beaucoup de gens l’attribueraient aux Esprits, et cependant Zschokka était dans son état normal ordinaire lorsque ces illuminations intérieures avaient lieu.*

* Rien ne preuve qu’il ne fût pas ce que nous appelons aujourd’hui médium. (EDIT.)

Je connais un homme très-enthousiaste qui croyait communiquer avec Démosthènes, Cicéron, Caesar et autres grands personnages, tant anciens que modernes.  Les communications avaient lieu par de petits coups au dossier de la chaise sur laquelle il était assis.  On lui promettait de grandes choses, l’assurant que, par son entremise, le monde allait être sauvé de la servitude.  Une investigation minutieuse me fit voir que mon ami, au lieu de converser avec les héros de l’antiquité, était tout simplement en conversation avec lui-même: lorsqu’il posait une question, il faisait sans le savoir un léger mouvement sur sa chaise, et il en résultait le petit bruit qu’il prenait pour un rap des Esprits.  Cette découverte ferma la porte à Caesar, à Cicéron et aux autres, et notre pauvre monde n’est pas encore sauvé.  Dans l’examen de notre question, nous devons écarter toutes les manifestations qu’il serait au pouvoir de l’homme de produire, et nous ne savons pas encore tout ce que peut faire l’esprit humain.

Mr. Whitman, à propos des dessins dont il a été parlé, pense qu’il s’y manifeste un pouvoir que les mortels n’ont jamais possédé.  De quinze à vingt couleurs y ont été employées; et une novice, qui ne connait rien en peinture, a fait, dans des délais incroyablement courts, une série de magnifiques tableaux, dont les lignes délicates, les formes gracieuses et les ombres correctes ne pourraient être égalées par un artiste de profession.  Comment pouvons-nous expliquer ces productions, si nous refusons d’y voir l’aide des Esprits?

Le docteur Gray: Nous ne pouvons pas dire comment ces choses ont été faites.  Nous savons qu’à toutes les époques, les poètes, les peintres, les sculpteurs ont été inspirés; mais par qui, ou par quoi? nous l’ignorons.  Les anciens bardes chantaient d’inspiration.  L’improvisateur moderne est inspiré poétiquement.  Nous admettons l’inspiration, mais nous sommes encore indécis quant à la source d’où elle provient.

Mme. Scriber a décrit une manifestation dont elle a été récemment témoin, à un cercle spiritualiste.  Un médium disait voir l’Esprit d’un marin, se tenant auprès de Mme. Scriber, et se donnant pour son frère.  Le médium étant dans une profonde trance, se jeta sur la table, et commença par imiter une personne qui nage; puis se laissant tomber sur le parquet, il offrit le spectacle de quelqu’un qui se noie.  Mme. Scriber avait un frère qui s’embarqua, il y a une vingtaine d’années, et depuis lors on n’a jamais entendu parler de lui.  Il a sans doute péri en mer.  Cette manifestation n’est-elle pas une bonne preuve du pouvoir de cet Esprit à revenir sur terre et donner à sa soeur l’assurance qu’il existe, établissant son identité par l’entremise d’un médium qui ne savait rien de ces faits?

Le docteur Gray a répondu qu’il ne niait pas qu’il n’y eût là une manifestation de l’Esprit d’un frère à sa soeur; mais le fait n’était pas pleinement démontré.  Il se pourrait que le médium eût été dans un état analogue à celui de Zschokka, et qu’il eût perçu les idées de la soeur, au moyen de sa vue intérieure.  Des preuves présomptives ne doivent pas nous suffire; il nous faut des démonstrations positives.

Le docteur Orton a informé l’assemblée qu’un savant bien connu a été instruit, par les Esprits; des lois et conditions à l’aide desquelles les tables et autres objets lourds peuvent être mûs sans contact humain.  Il a dit encore comment cent neuf os d’un squelette qui est à Hartford ont été mystérieusement, et à différentes reprises, transportés à New York, dans le cabinet des docteurs Orton et Redman.  Les détails en sont très-intéressants; l’exiguité de notre feuille ne nous permet pas de les reproduire.  Une foule d’Esprits ont été employés à cette translation, s’il faut en croire une communication de Cornélius Winne, l’Esprit qui animait autrefois ce squelette.  (Nous avons déjà parlé de ce sujet, sans le nommer, sous le titre Manifestation nouvelle, vol. 2, p. 107.)

Le docteur Gray a dit qu’il croyait les faits rapportés par le docteur Orton, parce qu’il en a lui-même constaté de semblables, et il a cité des exemples que nous regrettons de ne pouvoir introduire ici.

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